TÉMOIGNAGE ÉMOUVANT DE OUSMANE WADE SUR OUSMANE MASSECK NDIAYE (à lire)

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5 ANS DÈJÀ !!!
Enfin ! Je retrouve peu à peu des forces pour extérioriser mes sentiments, mes prières, mes regrets…à l’endroit d’un de nos très chers disparus : OUSMANE MASSECK NDIAYE. Notre culture religieuse et même traditionnelle nous recommande, à défaut de ne pouvoir dire du bien de nos disparus, de nous taire ; et je ne saurais déroger à cette règle. Mais ma conscience et ma responsabilité d’homme politique m’obligent, ne serait-ce que pour la postériorité, et après m’être remis de mes fortes émotions suite à sa mort, à écrire ces quelques mots pour apporter mon insignifiant témoignage sur cet Homme d’une grande dimension à la fois singulière et plurielle. L’Homme public OUSMANE MASSECK NDIAYE, Honorable Député, S.G de la Présidence, Maire, Ministre et Président du C.E.S., je le juge et je le jauge.

Je voudrais, d’ores et déjà et à l’entame de mes propos, renouveler mes très sincères condoléances à sa famille biologique, confessionnelle et politique éplorée, mais aussi présenter mes plates excuses à tous ses inconditionnels militants, compagnons de première heure, proches collaborateurs, confidents, lieutenants et protégés ; À mon humble avis, je n’en étais pas un. Ousmane Masseck, je l’ai connu, je l’ai vécu, et je l’ai pratiqué d’abord dans l’adversité (momentanément), puis dans la concurrence (trop longtemps?) et enfin (brièvement) dans la collaboration fraternelle et militante. Par conséquent, mon témoignage et l’hommage que je voudrais lui rendre ne pourront être qu’objectifs, et sans démagogie aucune, n’en déplaise à tous ces envieux politiciens d’une autre époque. Fils de l’ancien Maire de Saint-Louis, Ousmane Masseck m’a été révélé, comme beaucoup d’autres militants du PDS de Saint-Louis d’ailleurs, en 1996 à travers le Mouvement FADES qu’il lança dans un « territoire » alors dirigé par Me Ousmane NGOM qui, sans surprise, l’eût combattu jusqu’à sa disparition. Mais, après la démission du tortueux Général et de beaucoup d’autres responsables (Baïla Wane, Sitor Ndour….) en 1998, il revient, accueilli comme un messi, pour redorer le blason à un parti décimé par des défections à tous les niveaux… Et Gaïndé Ndiaye, comme l’appelaient ses inconditionnels, conduisit le PDS à l’Alternance et aux victoires de 2001 (Législatives) et 2002 (Locales). Il avait donné une nouvelle empreinte au Parti, par une belle mayonnaise générationnelle (politiquement parlant) et réussi à avoir une belle emprise sur tous les secteurs de décision dans notre circonscription électorale. Candidat dans des listes concurrentes à ces élections législatives et locales, et Responsable des jeunes de sa principale « opposition », j’étais bien placé, sinon le mieux placé, pour mesurer l’ampleur et la pertinence de son action politique, l’éloquence de sa générosité et la capacité de persuasion de son action sociale, tellement les moyens (étatiques et financiers, conventionnels ou non) utilisés pour lui faire face étaient colossaux ; mais jamais il ne fléchissait, courageux et déterminé. Au contraire, franc et élégant jusque dans l’adversité, primaire dans la réaction (teukheute) comme tout bon saint-louisien, il nous encourageait et nous conseillait toujours d’aller de l’avant : il l’a souvent matérialisé au Conseil municipal en me proposant personnellement alors que j’incarnais presque l’opposition dans ce dit Conseil ; Pour répondre à une question du Journaliste Mamadou Aïcha Ndiaye à savoir ce qu’il y’avait entre les Trois Ousmane ( Ousmane Masseck, Ousmane Ngom et Moi Ousmane Wade), il m’a soufflé, m’enlaçant dans ses bras : ils ne savent pas que tu es un neveu et un jeune frère que j’admire beaucoup pour son courage, son engagement militant et son intégrité. Le reste, c’est juste de la politique ; Tu sauras un jour ! Et, au plus fort de sa rivalité avec mon Mentor et Ministre, alors que j’étais membre du Cabinet du Ministre de l’intérieur, il me reçut dans son bureau du Ministère du Tourisme et Transports aériens pour nous faire des propositions d’élargissement du Parti et de promotion des jeunes même des autres Leaders pour donner davantage de vitalité et de cohérence à notre action politique. Charmé par une telle générosité, je pris enfin, la décision, après le lui avoir refusé six (6) ans, de lui parler de mon Oncle Ousmane Ndiaye Ancien DG et Patron du Président Macky Sall à PETROSEN, ancien DG des ICS et de MIFERSO et actuel Président du COS/PETRO-GAZ, qui m’en avait fait la demande. Très surpris, il refusa de me croire avant de se résoudre à l’appeler pour me montrer leur proximité parce qu’ils avaient voyagé ensemble une semaine avant et on avait même confondu leurs bagages du fait qu’ils ont les mêmes Prénoms et Noms. Et après s’être remis de sa surprise, il me dira ceci : « Tu sais Ousmane, ton oncle a Tout fait pour Macky Sall et Moi avec un grand T, et chaque jour je me demandais comment et quand je pourrais lui rendre ça. Sant Serigne Touba, tu es là. Si seulement tu as un projet, un besoin, un souci de quelque nature que ce soit sans m’en parler, je ne te le pardonnerai jamais. Jamais ! Après, il nous reçut avec mon frère Baye Birame Diop Papiss à l’occasion d’échanges avec ses jeunes pour une union des cœurs dans les rangs du Parti qui devait se matérialiser par une Conférence publique qu’il devait présider avec comme modérateur Me Ousmane Ngom. Le projet tombe à l’eau et nous ne nous reverrons, officiellement, qu’en 2009, lorsque d’envieux politiciens ont voulu m’écarter des Listes des élections municipales parce que j’avais théorisé la Liste unique consensuelle regroupant toutes les tendances derrière le Maire sortant et juré de ne plus jamais soutenir une liste parallèle. Il m’appela pour me dire qu’il était surpris de ne pas voir mon dossier et qu’il s’était même pris aux plénipotentiaires de notre sensibilité ; je l’en avais remercié et l’avais assuré de mon intention de ne pas être sur les listes. Chose qu’il avait balayée non sans me convaincre que c’était le Parti qui avait décidé de m’investir parce que j’étais l’un des meilleurs conseillers de l’équipe sortante. Lors des élections, je bats campagne, à la surprise générale de ses sympathisants encore sceptiques de ma capacité de quitter définitivement la sensibilité de Ousmane Ngom et de ne reconnaître au-dessus de moi que le Parti et ses structures, tellement les sacrifices consentis étaient énormes et mon empreinte indélébile…Après la publication des résultats et la défaite de notre Liste, il m’appela chez lui. Arrivé devant la porte, alors qu’il y’avait un monde fou et de la bousculade, je lui envoyai un message. À cet instant précis, j’entendis le gendarme préposé à la sécurité dire : « Non ! Il a dit qu’il ne reçoit pas ; il n’attend que Ousmane Wade pour partir ». Il me reçoit, dit, fait et me confie, dans cette atmosphère de déception, des choses dont seul un GRAND LEADER en a la faculté et la capacité. Des choses et … des confidences que nous avons partagé, malgré les peaux de banane et crocs en jambes des envieux politicards, jusqu’à ma nomination au CES, la création de la Dynamique Unitaire et mon refus catégorique d’aller à mon audience que le Président ABDOULAYE WADE m’avait fait l’honneur de m’accorder. Parce que, informé la veille, il m’a juré qu’on m’avait arrangé cette audience juste pour le nuire et le mettre en mal avec WADE alors dans son bureau j’appelle la Présidence pour annuler et donner mes raisons. Je n’étais pas très convaincu de mon acte en cette matinée de l’année 2010, mais tenez-vous bien six (6) ans après, en 2016 je reçois la preuve qu’il avait tout à fait raison. Je n’en dis pas plus. Des confidences et de secrets, il en avait avec tout le monde même avec ses rivaux et ses plus farouches adversaires. Mes relations m’avaient permis de savoir, dans les détails près, son rôle dans la promotion et la nomination de SG, DG, PCA, Députés, Sénateurs et Ministres qui bombent le torse ou la poitrine, c’est selon, et qui dans beaucoup de cas l’ont après combattu. Ne vous méprenez-pas, Tout le monde était confident chez OUSMANE MASSECK NDIAYE. Me concernant, nos confidences dorment jalousement dans les secrets de ses bureaux, de son salon, de sa chambre ou dans les secrets de l’Hotel SAVANA, de l’Hotel NOVOTEL, de l’Hotel MÈRIDIEN ……ou encore de sa voiture. En si peu de temps, c’est ÈNORME comme sa vision pour Saint-Louis, sa générosité, son pragmatisme et son endurance. Aujourd’hui DIEU merçi, 5 ANS APRÈS, je me remets peu à peu du choc de sa disparition. Choc aggravé surtout par le fait que la dernière fois que je l’ai vu, pourtant souffrant il avait tenu à me raccompagner, peut-être pour me rassurer. Mais, alors que je le devançais et qu’il s’était appuyé sur moi pour descendre les quelques marches, j’ai senti des gouttes d’eau sur mon épaule. Lorsque je me suis retourné, oohhh, je l’ai vu tout en sueur et, Au Nom d’ALLAH, je ne sais toujours pas où j’ai puisé la force de lui dire, les larmes aux yeux : « Grand, Va te soigner, Laisse tout ici ! Va à Touba et confie-toi à Serigne Touba et laisse Dakar et ses basses choses ici »! Il articula juste : «Non ça va Ousmane, je me soigne»… C’était la dernière fois ! N’DIAYE, Tes innombrables et gigantesques réalisations ne nous laisseront jamais T’oublier. Ta monumentale Vision pour Saint-Louis restera toujours le Document de référence. Ton intelligente Action pour la Promotion politique et sociale de filles et fils de Saint-Louis de toutes catégories, de tous niveaux et de tous âges est toujours assez bavarde et éloquente pour les Leaders d’aujourd’hui, et le sera aussi pour ceux de demain……….. N’DIAYE, Paix à Ton Âme ! Que ton Vénéré Guide Serigne TOUBA t’accueille aux Portes du Paradis Qu’ALLAH, dans sa miséricorde infinie, te réserve tous ses bienfaits ! Que FIRDAWSI soit ta demeure éternelle, N’DIAYE OUSMANE MASSECK !!! AMINE…

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