Mansour Faye : « Ma seule ambition est de faire réélire Macky Sall »

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Le problème de l’eau à Touba, la hausse du budget de son ministère, l’affaire Khalifa Sall, etc : Mansour Faye, ministre de l’Assainissement et de l’Hydraulique passe en revue l’actualité dans une interview exclusive avec Seneweb.

Le problème d’eau à Touba a pris une place importante dans les débats lors de votre passage à l’hémicycle. Avez-vous une solution à ce problème ?

Touba est une agglomération très importante, l’une des plus importantes à l’échelle nationale, mais surtout doublée d’une ville religieuse qui accueille annuellement un événement majeur, le grand Magal de Touba. Et qui dit magal, dit forte affluence de pèlerins. En période de magal, vu l’augmentation de la demande et le dispositif mis en service, il peut arriver qu’on ait des problèmes de disponibilité d’eau dans certains quartiers comme ce fut le cas la dernière fois. Maintenant pour les solutions, il faut arriver à avoir le moins de fuites possibles. Mais cela ne constitue pas une solution durable, c’est provisoire d’autant que l’eau produite à Touba est très salée. Ce qui nous a conduit à réfléchir en relation avec les autorités religieuses et communales de Touba sur des solutions structurelles. Et la solution structurelle c’est de faire du transfert à partir de d’autres nappes en dehors de Touba pour l’alimentation correcte de l’ensemble du périmètre de Touba. Mais, il faut nécessairement que la facture d’eau de Touba puisse être payée.

De 56 milliards CFA, le budget de votre département est passé à plus de 105 milliards. Qu’est-ce qui justifie cette hausse de plus de 87% ?

Le budget a effectivement augmenté, mais pour plusieurs raisons. En réalité, il y a les projets phares qui sont en cours. Les projets financés par les bailleurs parmi lesquels le projet assainissement en milieu urbain, le projet sectoriel eau-assainissement et d’autres projets pour lesquels il y a la contrepartie de l’État à mettre en œuvre. Mais l’augmentation substantielle en réalité, nous vient des projets énergétiques. Le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement assure la tutelle de l’Omvs et de l’Omvg. Les contributions des états sont généralement des montants qui sont logés au ministère des Affaires étrangères. A partir de maintenant, l’État du Sénégal a donc décidé de confier ces contributions au ministère technique sectoriel. Et comme l’hydraulique assure la tutelle de l’Omvs, tout ce qui est contribution au niveau des organismes internationaux et la contrepartie énergie sont désormais logées au niveau du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. C’est ce qui justifie l’augmentation de notre budget.

On vous colle l’étiquette de grand-frère de la première dame. Est-ce un atout ou un handicap pour vous ?

Je suis le grand frère de la première dame et je continuerai à l’être. (Rires). Mais je ne me mets pas dans cette dynamique. Je suis en mission dans le cadre des activités régaliennes qui ont été confiées par le Président de la république. J’ai commencé à faire de la politique active quand le Président Macky Sall était Premier ministre. Nous avons contribué à son accession au pouvoir et nous continuerons à travailler dans cette dynamique pour lui assurer un second mandat. Mais les aspects familiaux restent dans le cadre purement privé. Je ne fais pas d’amalgames là-dessus.

L’opposition parle d’une instrumentalisation de la justice dans l’affaire Khalifa Sall dont l’immunité parlementaire vient d’être levée. Qu’en pensez-vous?

Il ne s’agit là que de réaction politicienne de la part de l’opposition qui en réalité joue le bon rôle. Quand une décision de justice est favorable aux opposants, ils disent que le Sénégal est un pays de justice. Mais quand c’est le contraire, ils disent que c’est politique. En réalité tout est politisé à outrance. La séparation des pouvoirs est une réalité au Sénégal. Khalifa Sall a maille à partir avec la justice, laissons cette même justice faire son travail. Demain, il fera face à cette même justice. S’il est coupable ou innocent, la justice tranchera.

Ne pensez-vous pas que le dialogue national soit compromis au regard des derniers événements ?

Le dialogue a toujours existé et il existera toujours. Il y a un dialogue informel qui se déroule tous les jours. Le dialogue qui pose problème c’est le dialogue médiatique. Parce que devant les micros et les caméras de télévision, nos politiques délivrent d’autres messages qui ne reflètent pas la réalité. C’est de la théâtralisation qu’ils font. Le chef de l’État a toujours fait preuve d’esprit d’ouverture mais il ne peut imposer la discussion à ceux qui n’en veulent pas.

Avez-vous des ambitions présidentielles dans le futur ?

Ah non ! Du tout ! (Rires). Mon ambition est très simple, et elle se limite à accompagner le Président Macky Sall vers un second mandat. J’arrêterai la politique le jour où le Président Macky Sall arrêtera d’en faire.

Quelle lecture faites-vous de l’esclavage en Libye ?

Depuis 2 ans, le Sénégal a rapatrié 2500 de ses fils qui étaient en Libye. Les pays africains doivent maintenant voir quelles dispositions prendre pour maintenir leurs fils sur leurs terres en les incitant à travailler, faire des projets et réussir dans leurs propres pays et ne pas tenter une aventure incertaine.

 

Auteur: Entretien réalisé par Gora KANE – Seneweb.com – Seneweb.com

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